Il est des ouvrages que l’on trouve dans les bibliothèques ésotériques et qui sont néanmoins des bijoux mystiques et prophétiques.
L ’Evangile du Verseau en fait partie.

Son auteur, Lévi H. Dowling (1844 – 1911) naquit à Belleville, dans l’Ohio aux Etats-Unis. Fils d’un prédicateur protestant, il est passionné dès sa jeunesse par les religions et la mystique. Il sera lui-même pasteur et entrera comme aumônier dans l’U.S. Army. Il étudiera plus tard la médecine et l’exercera quelques années avant de reprendre son activité littéraire. Dowling a écrit et participé à de nombreuses publications d’enseignements religieux, de livres de chants, etc. Sa personnalité était très chaleureuse et il était prompt à rendre service, en même temps il était un être plein de finesse et d’inspiration. Alors qu’il n’était encore qu’un jeune garçon, il eut une vision dans laquelle il s’entendit dire qu’il devait “bâtir une ville blanche”. Cette “ville blanche” devait être en fait l’Evangile du Verseau, qui résulte de ce qu’il décrit lui-même, dans La pointe des âges, comme une “révélation de la Déesse de sagesse”, qu’il nomme “Visel”.

L ’Evangile du Verseau décrit l’enfance et l’adolescence de Jésus, ainsi que ses aventures dans les lointaines Egypte, Perse, Inde et Grèce avant sa prédication en Palestine.

S’il s’agit d’un ouvrage remarquable par la profondeur, la spiritualité et la beauté de ses enseignements, il présente aussi des passages étranges comme l’initiation du Christ dans un temple égyptien ou sa participation au “conseil des sept sages du monde” (dont Philon aurait fait partie !).

En dehors de ces passages, l’Evangile du Verseau est très proche des Evangiles canoniques. Il présente néanmoins des différences : ouvrage beaucoup plus volumineux et dense, il rapporte des épisodes, des miracles et des paraboles inconnus des canoniques. Son style est limpide et simple. L’enseignement insiste notamment sur l’humilité, l’unité des religions, le temple intérieur qu’est le coeur, l’hypocrisie des pharisiens, l’irréalité du monde et le jeu qu’est la vie terrestre, la présence féminine autour de Jésus, le pouvoir du Saint-Esprit et de l’amour, la réalité et le message de la résurrection.

Mais un des aspects les plus remarquables de l’Evangile est qu’il insiste fortement sur l’aspect féminin de Dieu : Dieu la Mère (God the Mother), qu’il apparente au Saint-Esprit qu’il nomme “Souffle Saint” (Holy Breath et jamais Holy Ghost ou Holy Spirit) et à la Consolatrice qui doit venir (détails qui, en dépit d’une bonne traduction générale, n’ont pas été retransmis par le traducteur français (Ed. Leymarie) qui traduit Saint-Esprit et consolateur!). Il ne s’agit donc nullement d’un truchement linguistique comme dans le cas de la traduction de la Bible par André Chouraqui, mais le fait d’une révélation qui insiste sur ces termes. Hors on retrouve dans ces textes les manifestations de l’expérience de la méditation par l’éveil de l’énergie maternelle Kundalini telles qu’elle sont vécue dans la pratique de Sahaja Yoga, ne serait ce que  le souffle et le silence mental.

Extrait de La pointe des âges :

“En esprit je fus enlevé dans les royaumes d’Akasha (l’éther en sanskrit), je me tenais seul dans ce cercle solaire. Et là, je découvrais la source secrète qui ouvre la porte de la sagesse ainsi qu’un coeur pénétrant. J’entrais, et alors je sus.

Je vis les vingt-quatre chérubins et séraphins qui gardent le cercle solaire, les puissants, ceux que les maîtres proclamèrent il y a bien longtemps ‘Les vingt-quatre anciens’. (…)

J’entendis alors le chérubin et le séraphin du V erseau proclamer l’évangile de l’ère à venir, l’ère de la sagesse et du fils de l’homme. Et lorsque la couronne fut enlevée de la tête de Ramasa (le chérubin de l’Ere du Poisson) et qu’elle fut placée sur la tête de l’Archer de l’Ere du Verseau; lorsqu’enfin le sceptre royal fut transmis, du séraphin Vacabiel au séraphin Sakmankil, il y eut un profond silence à la cour des cieux.

Alors la Déesse Sagesse parla, et de ses mains ouvertes elle versa les bénédictions du Souffle Saint sur les souverains du Verseau. Les mots qu’elle prononça, je ne puis les écrire, mais je puis répéter l’évangile de l’ère nouvelle que dit l’Archer lorsqu’il reçut la couronne. (…)

Un autre passage :

“Alors, Visel la sainte (la Déesse de Sagesse) s’avança et dit :

‘O Lévi, fils d’homme, regarde, car tu es appelé à porter le message de l’ère nouvelle, l’ère de la bénédiction de l’esprit. Prend garde, O fils d’homme, car les hommes doivent connaître le Christ, l’Amour de Dieu; car l’Amour est le baume souverain à toutes les blessures humaines, le remède à toute maladie.

Et l’homme doit être doué de Sagesse et de Pouvoir et d’un cœur de Compréhension. Vois l’akasha! Vois la galerie des Annales (Records) de Visel où chaque pensée, chaque mot, chaque action de tout ce qui vit est enregistré.

Les besoins des hommes sont multiples, et les hommes doivent connaître leurs besoins. Maintenant, Lévi, écoute mes paroles : avance dans ces galeries mystiques et lis. Tu trouveras là un message pour le monde; pour chaque homme; pour chaque être vivant. Je répands maintenant sur toi le Souffle Saint, tu discerneras et tu connaîtras les enseignements que ces livres d’Annales de Dieu réservent maintenant pour les hommes de cette nouvelle Ère.

Cette Ere sera de splendeur et de lumière, car c’est l’Ère de la demeure du Souffle Saint ; et le Souffle Saint témoignera à nouveau par le Christ, le Logos de l’Amour éternel. (…) »

l’Evangile du Verseau

Ces quelques extraits ont été choisis afin de vous présenter les passages les plus remarquables de l’ouvrage ainsi que sa très grande richesse.

Chapitre III, 8

Elihu est l’un des deux maîtres égyptiens qui enseignent à Elisabeth et à Marie.

Elihu retrouva ses élèves dans le bois sacré, et dit : Aucun homme ne vit pour lui-même, car toute créature vivante est liée par des cordes à toute autre créature vivante. Bénis soient les cœurs purs, car ils aimeront et ils ne demanderont pas d’amour en retour. Ils ne feront pas aux autres ce qu’ils ne voudraient pas que les autres leur fassent.

Il existe deux individualités, la plus haute et la plus basse. La plus haute est l’esprit humain vêtu d’âme, formé à l’image de Dieu. La plus basse, la matérielle, le corps des envies, est le reflet de la plus haute, déformé par les obscurs éthers de la chair. L’individualité la plus basse n’est qu’illusion, et comme telle se dissipera. La plus haute est Dieu dans l’homme et ne se dissipera point. C’est la personnification de la vérité. La plus basse est l’opposé de la vérité. C’est donc le mensonge manifeste. La plus haute est justice, miséricorde, amour et droiture. La plus basse est tout ce que la plus haute n’est pas.

La plus basse engendre la haine, la calomnie, l’impudicité, le meurtre, le vol et tout ce qui fait du mal. La plus haute est mère des vertus et des harmonies de la vie. La plus basse est riche de promesses mais pauvre de bénédictions et de paix.

Elle offre du plaisir, de la gaieté et des profits satisfaisants, mais donne l’inquiétude, la misère et la mort. Elle donne aux hommes des pommes charmantes à l’œil et plaisantes à l’odorat, mais dont l’intérieur est plein d’amertume et de fiel. Si vous me demandiez quelle étude entreprendre, je dirais : celle de votre soi. Si vous me demandiez ensuite quelle étude poursuivre, je répondrais encore : celle de votre soi. Quiconque connaît bien son infériorité connaît les illusions du monde, les choses temporaires. Quiconque connaît bien sa supériorité connaît Dieu et les choses éternelles. Trois fois béni est l’homme qui a incorporé la pureté et l’amour. Il a été racheté des périls de son soi inférieur, et il incarne son soi supérieur. Les hommes cherchent à se racheter d’un mal qu’ils regardent comme un monstre vivant du monde inférieur.(…) Ce mal n’est qu’un mythe, et ces dieux faits de vents sont vêtus de l’ombre d’une pensée. Le seul démon dont les hommes doivent se délivrer est le soi, le soi inférieur. Si l’homme veut découvrir son démon, qu’il regarde en lui, car son nom est moi. S’il veut trouver son sauveur, qu’il regarde encore en lui. Quand le démon du moi aura été détrôné, le sauveur, l’Amour, sera élevé au trône de la puissance.

Le David de la lumière est la Pureté, qui tue le puissant Goliath des ténèbres et installe l’Amour sauveur sur son trône.

Chapitre V, 17

Le rabbi Barachia de la synagogue de Nazareth secondait Marie dans l’enseignement de son fils. Un matin, après l’office dans la synagogue, le rabbin demanda à Jésus qui méditait en silence : Quel est le plus grand des Dix Commandements ? Jésus dit : Je ne vois pas qu’un des Dix Commandements soit plus grand que les autres. Je vois une corde d’or qui les traverse tous les dix, les attache solidement et en assure l’unité. Cette corde est l’amour, et elle appartient à chaque mot des Dix Commandements. Si quelqu’un est plein d’amour, il ne peut rien faire d’autre qu’adorer Dieu, car Dieu est amour. Si quelqu’un est plein d’amour, il ne peut pas tuer, il ne peut pas produire de faux témoignages, il ne peut pas convoiter, il ne peut rien faire sinon honorer Dieu et l’homme. Si quelqu’un est plein d’amour, il n’a besoin de commandements d’aucune espèce.

Chapitre VIII, 40

Jésus visite la Perse. Admirez ici avec quels détails les qualités de l’agnya chakra sont présentées. Jésus revint de bon matin pour enseigner et guérir.

Une lumière incompréhensible l’environnait comme si un puissant esprit le protégeait. Un mage nota le fait et l’interrogea en aparté sur la source de sa sagesse et la signification de cette lumière.

Jésus dit : Il existe un Silence où l’âme peut rencontrer son Dieu. C’est là que réside la source de la sagesse. Tous ceux qui entrent dans ce domaine sont immergés dans la lumière et remplis d’amour, de sagesse et de pouvoir.

Le mage dit : Parle-moi de ce Silence et de cette lumière, afin que j’aille y demeurer. Jésus dit : Le Silence n’est pas circonscrit. Ce n’est pas un endroit clos par des murs ou des parois rocheuses, ni gardé par l’épée humaine. Les hommes portent tout le temps avec eux l’endroit secret où ils peuvent rencontrer leur Dieu. (…) Instantanément, à tout moment, ils peuvent ouvrir la porte toute grande et trouver le Silence, trouver la maison de Dieu. Elle est au-dedans de l’âme. (…)

Le Silence est le royaume de l’âme, invisible aux yeux humains. Dans le Silence, il arrive que des fantômes voltigent devant l’intelligence, mais ils sont tous soumis à la volonté. L’âme du maître peut prononcer la parole qui les fait disparaître.

Si tu veux trouver ce silence de l’âme, il te faut préparer le chemin toi-même. Seuls les cœurs purs peuvent y accéder. Il te faut mettre de côté toute tension d’esprit, tout souci d’affaires, toute crainte, tout doute et toute pensée d’inquiétude. Ta volonté humaine doit être absorbée par la volonté divine. Alors tu entreras dans une conscience de sainteté. Tu seras dans le Lieu Saint et tu verras brûler sur un autel vivant le flambeau du Seigneur.

Quand tu le verras brûler, regarde au plus profond du temple de ton cerveau, et tu l’apercevras tout illuminé. Dans chacune de ses parties, de la tête aux pieds, se trouvent des cierges en place qui attendent d’être allumés par la torche enflammée de l’amour. Et quand tu verras tous les cierges allumés, contemple le spectacle. Avec les yeux de l’âme, tu verras jaillir les eaux de la fontaine de sagesse. Tu peux boire et demeurer là.

Alors les rideaux s’écartent, et tu es dans le sanctuaire le plus saint, où repose l’Arche de Dieu dont l’abri est le Siège de la Miséricorde. Ne crains pas de soulever le tabernacle sacré. Les Tables de la Loi sont cachées dans l’Arche. Prends-les et lis-les bien, car elles contiennent tous les préceptes et commandements dont l’homme aura besoin à jamais. Dans l’Arche gît la baguette magique de la prophétie; elle attend ta main. Elle est la clef de tous les mystères du présent, de l’avenir et du passé. Et alors, regarde la manne, le pain caché de la vie. Quiconque en mange ne mourra jamais. Les chérubins ont bien gardé pour chaque âme ce coffret qui contient le trésor. Quiconque veut entrer peut entrer et trouver le sien.

Chapitre XV, 89

La veille du sabbat, les douze disciples qui avaient reçu le message se réunirent spontanément chez Jésus qui leur dit : Le jour est venu de vous consacrer à l’œuvre de Dieu. Prions donc. Détournez vos pensées de la personnalité extérieure et dirigez-les vers la personnalité intérieure. Fermez toutes les portes de l’égoïsme charnel et attendez. Ce lieu va se remplir du Souffle Saint, et vous serez baptisés dans le Souffle Saint. Puis ils se mirent à prier. Une lumière plus brillante que celle du soleil de midi remplit toute la pièce. Des langues de flamme sortirent de toutes les têtes et s’élevèrent dans l’air à une grande hauteur. (…)

Chapitre XVI, 105

Si vous péchez contre un fils de l’homme, vous pouvez être pardonnés et vous laver de votre culpabilité par des actes de tendresse et d’amour. Mais si vous péchez contre le Souffle Saint en négligeant au moment où Elle veut ouvrir (when she would open) devant vous les portes de la vie, en fermant les portes de l’âme quand Elle voudrait projeter la lumière de l’amour dans vos cœurs et les purifier avec les flammes de Dieu, votre culpabilité ne sera effacée ni dans cette vie ni dans celle qui vient.

Une chance est passé pour ne plus revenir, et il vous faudra attendre jusqu’à une nouvelle révolution des âges. Alors le Souffle Saint soufflera de nouveau sur les feux de votre vie et les ranimera en une flamme vivante. Alors Elle vous ouvrira les portes, et vous pourrez la laisser entrer et souper avec vous pour toujours, ou bien vous pourrez la négliger encore une fois, et encore d’autres fois.

Chapitre XVI, 107

(…) Seul le Souffle Saint peut ranimer les feux de votre vie et les transformer en une flamme de lumière vivante. Le Souffle Saint ne peut élever les éthers des feux jusqu’à la lumière que dans les cœurs purs et pleins d’amour.

Ecoutez donc, Galiléens. Purifiez votre cœur, recevez le Souffle Saint, et alors vos corps seront pleins de lumière. Comme une cité sur une colline, votre lumière brillera au loin et pourra ainsi éclairer le chemin des autres hommes.

Chapitre XVIII, 161

(…) Et s’adressant de nouveau aux onze, Jésus dit : Ne vous attristez pas de mon départ, car il vaut mieux que je m’en aille. Si je ne partais pas, la Consolatrice ne viendrait pas vers vous. Je vous dit toutes ces choses pendant que je vous accompagne dans la chair. Mais quand le Souffle Saint viendra au pouvoir, Elle vous enseignera plus complètement et rappellera toutes mes paroles à votre souvenance. Il y a encore une multitude de choses à dire, des choses que l’âge présent ne peut pas recevoir, car il ne peut les comprendre. Mais voici, je vous dit qu’avant la venue du grand jour du Seigneur, le Souffle Saint dévoilera tous les mystères, ceux de l’âme, de la vie, de la mort, et de l’immortalité, ainsi que l’unité de chaque homme avec tous les autres et avec son Dieu. Alors le monde sera conduit à la vérité et l’homme personnifiera la vérité.

Quand la Consolatrice sera venue, elle convaincra le monde de péché. Elle lui prouvera la vérité de mes paroles et la droiture du jugement des justes. Et alors le prince de la vie charnelle sera rejeté. Quand la Consolatrice viendra, je n’aurai pas besoin d’intercéder pour vous car vous serez approuvés et Dieu vous connaîtra comme il me connaît maintenant.

Chapitre XVIII, 163

Peu de temps avant d’être arrêté par les gardes, Jésus se trouve avec trois disciples.

(…) Il dit : L’Esprit de l’éternité est l’Unité non manifestée. C’est Dieu le Père, Dieu la Mère, Dieu le Fils, en Unité. Dans la vie des manifestations, l’Unique devint les trois. Dieu le Père est Dieu de la puissance. Dieu la Mère est Dieu omniscient. Dieu le Fils est amour.

Dieu le Père est le pouvoir du ciel et de la terre. Dieu la Mère est le Souffle Saint, la pensée du ciel et de la terre. Et Dieu le Fils, le fils unique, est Christ, et Christ est amour.

Je me suis incarné pour manifester cet amour aux hommes. J’ai été soumis comme homme à toutes les épreuves et tentations de la race humaine. Mais j’ai vaincu la chair avec toutes ses passions et tous ses appétits. Ce que j’ai fait, tous les hommes peuvent le faire. Et maintenant je suis sur le point de démontrer que l’homme a le pouvoir de triompher de la mort, car tout homme est Dieu incarné.

The Aquarian Gospel of Jesus the Christ
Ed. L. N. FOWLER & Co Essex, GB

L’Evangile du Verseau
Ed. Leymarie, Paris